L'EDITO # 12
Par Pierre Vuarin,
Fondation Charles Léopold Mayer
Cher(e)s ami(e)s,
Quelques photos de la mission de Pierre Mollo (plancton du monde) et Julien Gonnet (rongead) au Tchad avec Koliyang Palebele (pdt de l'orga paysanne CNPRT) . Ils ont rencontré les femmes qui collectent la spiruline naturelle. Ils ont aussi rencontré des pêcheurs de ce pays. Ils leur ont donné l'occasion de voir la spiruline et le plancton de différents lacs avec des petits microscopes.
Un moment fort pour ces femmes, pêcheurs lorsqu'ils ont pu découvrir la vie dans l'eau et ont compris la nécessité de la préserver avec les paysans et tous ceux qui vivent autour de ces sources d'eau. Un moment fort aussi pour Pierre Mollo qui découvrait un des lieux de production naturelle de la spiruline avec des personnes qui appartiennent à ces cultures humaines qui l'ont préservé depuis des centaines d'années.
Le seul fait de voir peut permettre de changer son regard sur le monde. C'est un début pour pouvoir réflèchir, penser, délibérer et agir. Mais c'est un moment de déclic.
Une étudiante espagnole lors de la réunion de Valencia (sur la création de l'Universite Internationale Terre Citoyenne) après la présentation de Pierre Mollo sur le plancton, tenait à peu près ce propos :
"A l'université, on nous demande avant tout de comprendre de manière intellectuelle avec un grand détour théorique qui peut être très lourd. On nous dit que c'est la condition sine qua none de la compétence et de l'action. Mais je vois à travers cet exemple que le fait de voir, de sentir peut transformer le regard que l'on porte sur le monde, sur son travail. Cela peut être une motivation pour chercher à comprendre et à agir. C'est un déclencheur pour la mise en action."
Cette présentation, cette réaction de l'étudiante, nos échanges ont permis aussi de bien remettre en évidence dans notre projet d'UITC l'importance du temps d'approche par les sens, (voir, sentir, gôuter, écouter, toucher...) l'expression et le partage de nos sentiments, surprises pour créer les conditions du changement de regard sur une réalité, pour créer motivation, confiance, connaissances nouvelles, pour créer les premières conditions pour pouvoir agir...
A réfléchir dans le cadre de nos projets.
L'EDITO # 11
Par Valentin KHOLODOV,
Chercheur à l’Institut de Biologie des Mers du Sud
Académie Nationale d’Ukraine (Sébastopol)
Pourquoi j’ai trouvé intéressant de traduire L’ENJEU PLANCTON
Pour des Russes et Ukrainiens
[...] Souvent nous parlons des ressources biologiques marines, des espèces d’importance économique, des problèmes de protection et de conservation des ressources marines. Mais on oublie d’habitude que ces ressources ne sont pas stables comme des pierres. Elles sont toujours en état de destruction et de reconstruction. Mais pour la reconstruction, il faut consommer constamment la matière organique qui a été synthétisée par des communautés planctoniques. Le Plancton, c’est une source de la vie de l’Océan, une source qui fabrique la nourriture et l’énergie pour tous les réseaux trophiques des mers et des océans. Par ailleurs, les compositions qualitatives et quantitatives des communautés planctoniques caractérisent l’état d’un écosystème maritime, sa santé et ses maladies. C’est clair, mais on parle très peu de ces sujets.
Il faut dire que dans la littérature scientifique russe destinée au grand public, nous avons des lacunes et peu de livres traitant des questions ci-dessus ou des problèmes liés au réchauffement du climat, à l’acidification de l’eau de mer, aux problèmes des mangroves etc. Les universités de Russie et d’Ukraine donnent des cours d’aquacultures marines, de pêches marines etc. Mais les enseignants s’adressent à l’IBSS, leur demandant d’écrire des livres traitant des techniques de la mariculture[1], des problèmes d’exploitation rationnelle des ressources marines. Notre Institut a donc décidé de créer une série de livres destinés à la formation de professionnels de la mer. On réfléchissait au n°1 de la série. Le livre de mes collègues et amis Maëlle Thomas-Bourgneuf et Pierre Mollo m’a paru idéal pour ouvrir cette série. Pour « travailler la mer », il faut être bien informé sur les multiples questions et problèmes propres aux professionnels de la mer. Il faut avoir une culture générale et bien spécifique, une culture d’Univers Marin. C’est pourquoi j’ai proposé d’abord au directeur de l’IBSS, l’Académicien Valery Eremeév puis au Conseil Scientifique de l’IBSS de prendre ce livre comme n°1 de la série éducative. Cette proposition a été admise en unanimité.
Le Numéro 2 de la série sera consacré à l’Elevage de moules et d’huîtres en mer Noire / Guide pratique. Auteurs : Valentin Kholodov, Anna Pirkova, Ludmila Ladyguina.
Actuellement la traduction russe de L’enjeu plancton est sous presse. Il faut noter que Les Éditions Charles Léopold Mayer et les auteurs nous ont cédé gratuitement les droits de traduction en langue russe, ce qui nous permettra de vendre le livre avec un prix « grand public ».
Et pour finir, je voudrais souhaiter aux auteurs de cet ouvrage intéressant, utile et passionnant – Maëlle Thomas-Bourgneuf et Pierre Mollo – beaucoup de nouveaux succès et à tous les partisans et artisans des mers «un peu d’amour de la mer et un peu de solidarité entre les hommes ».
Bon vent pour l’année 2011!
[1]Littéralement « culture dans la mer ». Terme utilisé par les pêcheurs pour les différencier de l’aquaculture dite « industrielle ».
L'EDITO # 10
Par Jean Yves Collet
La cuisine au plancton, c'est bon !
L'intérêt du plancton des océans et des rivières est désormais reconnu par l'ensemble de la communauté scientifique planétaire. Il se trouve que je termine tout juste une série de deux films sur le plancton pour la télévision, et j'avais bien cru faire un tour assez complet de la question. Mais c'était sans compter sur l'inventivité planctonique insatiable de Pierre Mollo : « Jean-Yves, je viens de faire quelques tests culinaires avec un grand chef pour tenter d'inclure du plancton végétal directement dans note alimentation de tous les jours. C'est super ! Serais-tu partant pour faire un petit film sur le sujet ? Océanopolis, la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l'Homme et l'Observatoire du Plancton de Port-Louis sont prêts à nous donner un coup de main.» Ne serait-ce qu'à l'idée de faire côtoyer la science et la cuisine (en plus je suis gourmand), j'ai immédiatement répondu par l'affirmative.
Quelques semaines plus tard les tournages commencent : Pierre Mollo est mis à contribution en tant que spécialiste du plancton, Marc Foucher en tant que chef de cuisine (Meilleur Ouvrier de France 2004 ça ne gâche rien, non ?), et le Dr. Bernard Schmitt, endocrinologue et nutritionniste réputé, directeur du CERNh (Centre d'Enseignement et de Recherche en Nutrition Humaine) de Lorient, en tant que caution médicale.
Quelques mois plus tard, le film est terminé : il fait presque 30 minutes et s'intéresse à trois espèces de plancton végétal bien particulières : la spiruline, la chlorelle et l'odontelle. Ces algues planctoniques microscopiques, comestibles et cultivables, présentent des qualités nutritionnelles de premier ordre : protéines, vitamines, oligoéléments, acides gras oméga 3... et sont surtout connues jusque là comme compléments alimentaires. Les essais culinaires du chef Marc Foucher et de Pierre Mollo sont un étonnant succès de saveurs et de couleurs. Le Dr. Bernard Schmitt, grand partisan de la (bio)diversité alimentaire, est littéralement enthousiasmé par cette nouvelle approche culinaire : « non seulement c’est possible, mais en plus c’est bon, et en plus c’est sain ! ». En ouvrant des perspectives culinaires et nutritionnelles particulièrement intéressantes, le plancton végétal pourrait bien représenter dans l'avenir un enjeu de taille en alimentation humaine, tant dans les pays du nord que dans ceux du sud.
Jean Yves Collet est réalisateur - scénariste.
Plus d'informations sur
www.jeanyvescollet.com
L'EDITO # 9
Par Allain Bougrain Dubourg
Le Plancton
« Malheur aux plus faibles » tel est l’enseignement porté par l’histoire. L’infiniment petit n’a, par conséquent, que peu de chance de trouver la place méritée… même lorsqu’il est infiniment nombreux ! Pire, l’homme de la rue sait-il ce qu’est le plancton ? Pas sûr. A l’évidence, avec une belle tête de panda, la diatomée aurait trouvé grâce dans nos consciences.
La France, deuxième puissance maritime mondiale, n’a politiquement pas porté le message en faveur de ce nanovivant dont nous dépendons. Le constat est d’autant plus regrettable que, dans les laboratoires, de nombreux scientifiques furent parmi les meilleurs connaisseurs au monde et ne manquent pas d’alerter sur les conséquences désastreuses d’un mépris.
En vérité, une question simple se pose : que pouvons-nous faire, vous et moi, en faveur du plancton ? La réponse ne manque pas de complexité ! Nous n’allons pas créer un « Planctonthon » à l’instar du Téléthon, pas plus que nous n’allons l’inscrire sur les listes rouges de l’UICN. On pourrait cependant être tenté par une piste : l’inscrire au patrimoine mondial de l’humanité. Cette démarche ne manquerait pas de générer la curiosité, voire la responsabilité.
En attendant cet improbable avènement, les initiatives qui sont prises ici ou là, pour sortir le petit peuple des mers de son ghetto, méritent un hommage appuyé. Car elles ne permettent pas seulement d’enrichir nos connaissances, elles affirment, avant tout, le devoir de solidarité. Que serions-nous, en effet, sans l’infiniment petit ? Inexistants, tout simplement.
L'EDITO # 8
Par Yves Le Gal
Sous-Directeur honoraire au Collège de France
La face cachée de la biodiversité.
La « biodiversité » n’est plus un gros mot. Tout personnage politique ou médiatique se doit aujourd’hui d’en parler sinon savamment du moins abondamment.
Encore faudrait-il s’accorder sur le terme « biodiversité ». Il n’y a pas une biodiversité mais des biodiversités. L’océan est un espace stable et relativement homogène (au regard du temps géologique) si on le compare aux espaces terrestres. Il s’y développe peu d’effets de niche et la diversité des organismes (visibles avec nos yeux) y est relativement faible. La richesse des océans c’est tout abord celle des grands groupes (comme par exemple les Echinodermes) toujours présents et uniquement là depuis des centaines de millions d’années.
Il existe aussi une autre biodiversité océanique : celle de l’infiniment petit, celle du peuple des « micro » et des « nano » : virus, bactéries, microalgues, champignons, protozoaires et bien d’autres que nous ne connaissons pas encore. Ils représentent sans doute plus de 99 % de toute la vie de la planète; ce sont eux qui en assurent le fonctionnement géophysiologique et par voie de conséquence déterminent notre survie.
Je ne suis pas trop inquiet pour cette biodiversité-là : elle en a vu d’autres, s’adaptant au gré des bouleversements, des extinctions, des explosions de vie dont la Terre a le secret. En revanche, ce qui m’inquiète, c’est notre place à nous, les humains, espèce invasive, ravageuse, destructrice. Nous sommes bien capables de donner la main à la prochaine extinction massive et nous seront aux premières loges pour en profiter.
Yves Le Gal
Sous-Directeur honoraire au Collège de France
Laboratoire de Biologie Marine
F-29900 CONCARNEAU
L'EDITO # 7
Par Alain Dréano
En cette période de fin d’année, l’huître prend une place particulière sur nos tables. Tout le monde lui reconnaît de multiples vertus : produit naturel, sain, bon pour la santé, ….
Les amateurs vous diront qu’ils préfèrent les huîtres de tel secteur plutôt que celles d’un autre, qu’ils mangent plus volontiers des petites que des grosses ou encore qu’ils les apprécient bien charnues, …
L’huître nous dévoile une palette de saveurs, de formes, de couleurs, … mais comment arrive-t-on à une telle variété ?
Certes, le savoir faire des producteurs intervient directement. Cependant, leur « humble » travail d’accompagnateur de la nature s’intègre dans un processus naturel bien plus complexe.
En effet, la reproduction, la croissance, la couleur, le goût, … sont indiscutablement liés à la qualité, la quantité et la diversité du plancton disponible sur les zones de production.
Les huîtres (mollusques filtreurs) ont besoin de cet aliment « fourrage » qu’est le plancton. Pour se développer, celui-ci a besoin de lumière et de sels nutritifs : il est donc fortement dépendant de la composition du milieu dans lequel il vit.
Sa présence, sa qualité et son abondance sont intimement liées aux apports telluriques des bassins versants situés en amont. C’est pourquoi les sites conchylicoles se trouvent principalement dans des baies ou des zones d’estuaire, là où les apports d’eaux douce sont suffisants pour permettre un développement optimal du plancton et donc des coquillages-consommateurs.
Le plancton joue donc un rôle primordial pour l’huître : il sert de ressource trophique et il lui donne ses caractères organoleptiques.
Perturber cette alchimie revient à fragiliser directement la chaîne trophique du milieu aquatique. C’est pourquoi, les professionnels, les collectivités mais également tout citoyen doivent être particulièrement attentifs à ce qui se passe et à ses pratiques en amont des espaces littoraux, afin de préserver ce fragile équilibre indispensable à la vie marine, à la conchyliculture et en particulier en cette période de fin d’année, aux amateurs d’huîtres.
L'EDITO # 6
Des milliards de milliards d’êtres vivants nous côtoient à chaque fois que nous nous allons nous baigner. Nous n’en avons cure, tant ils semblent minuscules et insignifiants, pour tout dire inutile. Et puis me direz-vous un peu plus, un peu moins, quelle importance ? Ces animaux planctoniques, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, sont si nombreux, dans un océan quasiment infini, au regard de l’homme.
Arrêtons nous un instant sur leur rôle : brique élémentaire de la vie marine, ils sont le premier pas de la chaîne alimentaire, sans laquelle il n’y a ni poissons si bons pour notre santé ou indispensable à notre survie, ni ces délicieuses huîtres, ni ces magnifiques oiseaux, ni ces mammifères marins qui nous font rêver au point d’être parfois élevé à la dimension de dieux. Sans le plancton il n’y a pas non plus de séquestration de ces fameux gaz à effets de serre qui nous inquiètent tant (leur action de photosynthèse piège le CO2 atmosphérique pour le transférer dans les grandes profondeurs pour des millénaires).
S’il n’y avait pas eu de plancton, il y a des millions d’années, nous n’existerions pas, puisque nous sortons de l’océan. Sans lui, nous ne survivrons pas.
Pourtant, comme tous les équilibres de la vie, le plancton est fragile. Ingrats ou aveugles que nous sommes, de scier cette branche fondamentale. Les polluants déversés par centaines de millions de tonnes l’intoxiquent. Les aménagements, assèchements de marais côtiers, agriculture intensive, pratiques de pêche ou d’élevage le fragilisent. Le réchauffement climatique acidifie l’océan, dissous le carbonate de calcium qui le constitue en grande partie. Dans de nombreux endroits la côte d’alerte est atteinte et se traduit en zones mortes, totalement abiotiques, dont le nombre ne fait que croître.
Oui, nous avons le pouvoir de détruire cet immense réservoir de vie. Est-ce cela que nous voulons ? Sans doute pas !
Est-il encore temps d’agir ? Sans doute, à condition de commencer très vite.
Comment faire ? en diffusant la connaissance de ces mécanismes, en réunissant les acteurs pour identifier problèmes et solutions, en incitant à une volonté politique.
Beaucoup de travail…
beaucoup d’espoirs ……
impossible de baisser les bras.
Isabelle Autissier
L'EDITO # 5
Quelque part de l’autre coté du monde.
C’était une nuit que nous avons vécu il y a quelques mois à l’extrême ouest de la Papouasie. La baie de Teluk est un endroit unique où la mer rentre à plus de cinquante kilomètres au cœur de l’île de Waigeo.
Nous avons embarqué dans une petite pirogue de quelques mètres de long pour rejoindre le lieu de pêche. Assis sur la plateforme de bambou, on file au raz de l’eau. La nuit est noire, au-dessus de nous on distingue l’ombre des montagnes karstiques qui encerclent notre petite embarcation instable. L’atmosphère est « étrange ».
On est comme fasciné par les lueurs qui sortent de l’eau au passage de la pirogue, l’écume formée est éclairée de mille étoiles filantes vertes. Des petits êtres qui grouillent là-dessous et qui s’illuminent.
Bercés par ce spectacle, on perçoit soudain des éclairs verts plus importants autour du bateau. De grosses boules de lumière apparaissent puis s’évanouissent aussitôt. À ces heures tardives, on se rapproche de l’hallucination.
Nous comprenons finalement que ce sont les poissons que nous venons pêcher qui, en s’écartant du sillage, animent le plancton. C’est progressivement un feu d’artifice qui se joue juste sous la surface.
Plus tard, nous apprendrons que, de nuit, les habitants de la baie pêchaient à la sagaie ces boules de lumières ; c’était avant l’arrivée des lampes à pétrole. Guidés uniquement par la lueur verte, ils sautaient dans l’eau en espérant transpercer le poisson fuyard.
Un bel exemple de relation entre l’homo sapiens et cette grande soupe de vie dont il dépend.
Sébastien Thiébot & Cécile Carduner
Retrouver le projet Symbiose en Indonésie sur
www.symbiose.aquasapiens.fr
L'EDITO # 4
Septembre arrive, avec son rituel lot de pluies qui marqueront la fin de la saison de sel.
Comme depuis toujours, les paludiers ont tâché de vivre en symbiose avec la nature et les éléments pour produire ce bon sel, dit de Guérande. La cuvée 2009 s’annonce plutôt correcte, tant en fleur de sel qu’en gros sel et gratifie le paludier pour ces longs mois de travail de préparation dans ses salines.
Mais le Marais Salant, à vrai dire, ne produit pas que du sel ; en effet, en favorisant une importante production de plancton, il constitue une véritable « nursery » naturelle qui, en enrichissant le milieu marin, a un effet positif en chaîne sur les activités des conchyliculteurs et des pêcheurs de notre région.
Grâce à ce territoire (encore récemment menacé de disparition) et à son précieux savoir-faire, nous avons pu créer l’association Univers-Sel qui nous permet d’accompagner nos collègues du Sud (Guinée, Bénin) par un vrai échange de producteurs à producteurs et dans le respect indissociable de l’humain et de l’environnement.
Quand on sait que la technique ignigène traditionnelle de production de sel consomme 3 T. de bois pour obtenir 1 T. de sel, on réalise que les 1500T. de sel solaire produites cette année en Guinée ont permis d’éviter le prélèvement sur la mangrove d’au moins 4500T. de bois…sans parler de l’économie de l’achat de ce même bois pour les producteurs et de l’impact sur la bonne santé du plancton de la mangrove !
De par notre technique de gestion de l’eau (qui est au cœur de notre métier de paludier), nous avons pu offrir un appui effectif à la riziculture de mangrove : par exemple cette année, et grâce à une solide dynamique paysanne, 900 Ha de rizières ont été réhabilitées, portant les surfaces à un total de 7000 Ha depuis que nous travaillons en Guinée, avec une augmentation de rendement de + 1 T. à l’Ha . Le tout bien sûr, cerise sur le gâteau, en culture biologique… Merci la mer nourricière ! En toute humilité, ça commence à avoir de la gueule tout ça…
Un grand salut des Salines de Guérande !
Amitiés salées,
Alain Courtel
L'EDITO # 3
Par Jacqueline Goy
Plancton et méduse, c’est synonyme tant la méduse est adaptée à vivre en pleine eau et devient un symbole des organismes pélagiques. Constituée à 98% d’eau, avec une densité voisine de celle de l’eau de mer, elle a un corps mou, gélatineux, non protégé par une carapace ou par une coquille et sa forme d’ombrelle est un autre avantage.
La morphologie présente une organisation rayonnée, avec au centre la bouche dont les quatre lèvres ou bras oraux, pendent sous l’ombrelle, et un estomac d’où partent des canaux radiaires rayonnant dans l’épaisseur de l’ombrelle dont le bord est orné de tentacules tapissés par des cellules urticantes.
Ces cellules se caractérisent par une énorme vacuole, capsule à paroi rigide qui renferme un filament barbelé enroulé en spirale baignant dans un liquide toxique. Les tentacules étirés fonctionnent comme un filet de pêche : dès qu’une proie est touchée les cellules urticantes éclatent, libérant le filament barbelé qui s’accroche à la proie et lui inocule la toxine paralysante.
Les minuscules animaux du plancton servent de nourriture : œufs et larves de poissons, petits crustacés, vers marins. Les méduses carnivores occupent une place importante dans l’économie des mers et entrent en compétition avec les autres carnivores dont les poissons. Or, la surpêche a déséquilibré le milieu et les méduses profitent de cette surabondance, elles se multiplient jusqu’à transformer certaines aires marines en soupe de méduses.
On a là, un bon exemple de l’impact des activités humaines sur le fonctionnement des océans.
L'EDITO # 2
Par Paul Tréguer
Le phytoplancton joue un rôle unique pour le cycle du carbone de la planète Terre. Sa biomasse totale est faible (3 milliards de tonnes de carbone) par rapport à celle des végétaux terrestres (600 milliard de tonnes), par contre la production totale annuelle du phytoplancton (50 milliards de tonnes) est équivalente à celle de la biomasse terrestre (forêts et autres végétaux).
Ceci signifie que le phytoplancton marin se renouvelle très rapidement (environ toutes les 3 semaines) par rapport aux plantes terrestres (environ tous les douze ans). A travers la photosynthèse les micro-organismes qui constituent le phytoplancton apportent une contribution essentielle au cycle global du dioxyde de carbone. Les espèces composant le phytoplancton marin sont fascinantes à maints égards.
Celui ou celle qui a la chance d’examiner à travers un microscope les délicats arrangements de verre de diatomées géantes peut passer des heures, pour le seul plaisir des yeux.
Les images de diatomées en microscopie électronique s'apparenter à de véritables tableaux d'artistes. Les coccolithophoridés, protégées par leurs assemblages de carbonate de calcium, sont détectables depuis l’espace par satellite. Mais ce sont des arrangements fragiles, menacés par l’ « acidification » d'un océan de plus en plus enrichi en dioxyde de carbone d’origine anthropique.
L'EDITO n°1
par Pierre Mollo
Parent pauvre de la biodiversité, patrimoine naturel commun de plus de 3,5 milliards d'années, le plancton a survécu à tous les cataclysmes. Animal comme végétal, il rassemble d’innombrables organismes aquatiques errant dans les eaux de la planète bleue. Il est la partie intime, invisible de la plus grande biodiversité de la planète.
Pourtant essentiel, le plancton reste un sujet d'actualité trop souvent méconnu. De multiples agressions pèsent sur les équilibres sensibles des écosystèmes marins et planctoniques en particulier. Placer le plancton au centre du débat est une initiative qui permettra de réunir sur la toile connaissances, témoignages et échanges sur la fragilité de ces microorganismes.
Avec le soutien d’Océanopolis et de la Fondation pour le Progrès de l’Homme, nous souhaitons rapprocher les citoyens des enjeux importants du plancton et de sa diversité pour notre planète.
L'intérêt d'un tel projet est d'accompagner des initiatives originales, qu'elles soient scientifiques, professionnelles, artistiques, éducatives, citoyennes… Nous souhaitons que dans chaque lieu d'observation, celle-ci devienne un motif à discussion, échange et partage. Toutes les initiatives qui nous parviendrons seront mutualisées et organisées afin d’être accessibles au plus grand nombre.
A travers ses différentes rubriques, ce site vous fera découvrir le plancton et ses enjeux ; et apprécier sa beauté et sa richesse.
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Portrait de Paul Jorion avec la participation de Pierre Mollo sur France 3 Littoral le samedi 28 janvier à 16h15
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Ne ratez pas la diffusion de "Planète Plancton", un film de Jean-Yves Collet sur Ushuaia TV. Première diffusion le 14 janvier à 20h48
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Conférence Océanopolis le mardi 6 décembre à 20h30
" Diversité, structure et fonctionnement des communautés planctoniques "
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Gros plan sur le plancton... Une nouvelle série de courtes vidéos en HD sur le plancton, depuis la rade de Brest et ses environs aux marais salants de Guérande.
A visionner dans la rubrique vidéo
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Did you know...
A la fin de l’année 2008, le Dr Gáspár Jékely, spécialiste hongrois en biologie du développement et ses collègues de Tübingen ont mis en évidence la plus simple structure oculaire décrite, au sein du plancton marin.Ces structures oculaires sont composées de deux cellules seulement : un photorécepteur et une cellule pigmentant avec l'obscurité.Ce modèle se rapproche du prototype d'yeux imaginés par Darwin et considérés comme les premiers à être apparus dans l'évolution animale. Bien que ces...














